Internet facilite les démarches et les échanges, mais chaque compte, appareil et publication peut exposer des informations personnelles. L’objectif n’est pas de tout verrouiller : il s’agit de rendre les accès plus difficiles à détourner et de limiter les données diffusées. Voici les gestes utiles à mettre en place, en commençant par les plus importants.
Sécuriser les comptes d’abord
Des mots de passe uniques, avec un gestionnaire
Utilisez un mot de passe différent pour chaque service, en priorité pour votre messagerie, votre banque, vos réseaux sociaux et vos comptes administratifs. La réutilisation crée un effet domino : si un service est compromis, le même secret peut ouvrir d’autres comptes. Un gestionnaire de mots de passe peut générer et conserver des mots de passe longs et aléatoires dans un coffre protégé par un mot de passe maître. L’ANSSI recommande les mots de passe distincts et évoque le recours à un coffre-fort ; la CNIL détaille ses recommandations sur les mots de passe. Choisissez un gestionnaire réputé, sécurisez son accès et conservez ses moyens de récupération.
Ne changez pas automatiquement tous vos mots de passe selon un calendrier : la CNIL note que les changements périodiques imposés aux utilisateurs conduisent souvent à des variantes prévisibles. En revanche, changez sans tarder un mot de passe suspecté d’avoir été exposé et remplacez-le partout où vous l’auriez réutilisé.
Activer l’authentification multifacteur
Activez la MFA (ou double authentification) lorsque le service la propose. Elle ajoute une vérification à la saisie du mot de passe, par exemple une validation dans une application ou un code à usage unique. Ainsi, le mot de passe seul ne suffit pas à se connecter. Protégez aussi les codes de secours et vérifiez les options de récupération. Les modalités diffèrent selon les services : consultez les réglages et l’aide officielle, ainsi que la recommandation de la CNIL sur l’authentification multifacteur.
Installer les mises à jour sans attendre
Mettez à jour le système, le navigateur, les applications et les équipements connectés dès que les correctifs sont proposés ; activez l’installation automatique si elle est disponible. Téléchargez-les depuis les réglages intégrés ou le site officiel de l’éditeur, pas depuis une fenêtre publicitaire alarmiste. Les correctifs comblent notamment des failles susceptibles d’être exploitées : voir les conseils de Cybermalveillance.gouv.fr sur les mises à jour.
Réduire ce que l’on expose
Régler la confidentialité et partager moins
Sur les réseaux sociaux, examinez qui peut voir votre profil, vos publications, votre liste d’amis et vous retrouver. Faites le même tri dans les permissions des applications : une lampe torche n’a, par exemple, pas de raison évidente d’accéder à vos contacts. Refusez les accès non nécessaires et retirez ceux que vous n’utilisez plus. Dans le navigateur, vous pouvez limiter ou effacer certains cookies et données de navigation. Les conseils de la CNIL sur les réseaux sociaux et sur la maîtrise du navigateur aident à repérer ces réglages.
Avant de publier une photo, une adresse, un billet de voyage ou un document, demandez-vous qui pourra le voir et s’il contient des détails inutiles. Pour un formulaire, ne fournissez que les informations demandées et nécessaires à la démarche. Une publication supprimée peut avoir été copiée : mieux vaut limiter le partage dès le départ.
Repérer l’hameçonnage
Un message urgent annonçant un colis bloqué, un remboursement ou un compte suspendu n’est pas une preuve d’authenticité. Vérifiez l’adresse complète de l’expéditeur et le domaine du lien ; ne communiquez pas de mot de passe ou de code après avoir suivi un lien reçu par message. Ouvrez plutôt l’application ou le site en saisissant vous-même son adresse, puis contactez l’organisme par un canal connu en cas de doute. N’ouvrez pas les pièces jointes inattendues. Les mesures essentielles de Cybermalveillance.gouv.fr conseillent notamment de confirmer autrement les demandes inattendues ou alarmistes.
Prévoir la perte et la compromission
Sauvegarder les données
Copiez régulièrement les photos et documents importants vers un support externe ou un service de sauvegarde adapté. Gardez au moins une copie séparée de l’appareil principal et déconnectez le support externe après la copie : cela limite le risque qu’un incident touche simultanément l’original et sa sauvegarde. Protégez les supports, idéalement par chiffrement lorsque c’est possible. L’ANSSI recommande des sauvegardes régulières, dont des copies non connectées.
Sécuriser le Wi-Fi
À la maison, changez les identifiants par défaut de la box, choisissez un mot de passe Wi-Fi distinct de celui de l’administration et vérifiez que le chiffrement WPA2 ou WPA3 est activé. Désactivez les fonctions comme WPS ou l’administration à distance si vous ne les utilisez pas. En déplacement, préférez le partage de connexion mobile à un réseau public inconnu ; si vous devez vous y connecter, évitez les opérations sensibles. Retrouvez les consignes récentes de Cybermalveillance.gouv.fr pour sécuriser le Wi-Fi.
Si un compte est compromis
Agissez depuis un appareil fiable : utilisez la procédure officielle de récupération, changez le mot de passe concerné et tous ceux qui lui étaient identiques, puis activez la MFA. Vérifiez l’adresse et le téléphone de récupération, les connexions actives et, pour une messagerie, les règles de transfert. Déconnectez les sessions inconnues, prévenez vos contacts et, si des données bancaires sont concernées, contactez votre banque. Gardez des captures ou autres preuves. La fiche actualisée de Cybermalveillance.gouv.fr sur le piratage de compte détaille les démarches à suivre.
Pour retenir l’essentiel
Commencez par les comptes essentiels : mots de passe uniques, MFA et mises à jour. Réduire le partage, sauvegarder et savoir réagir complète cette protection, sans promettre un risque zéro.
